Belle ingrate

mars 25, 2007

nu jaune

Mais jamais à ma belle ingrate
Je ne vis un teint si vermeil.
La fraîcheur qu’après lui laisse un profond sommeil
Attendrissait l’éclat de sa peau délicate;
La fine toile de ses draps
Noircissait auprès de ses bras.
Ses yeux bleus et touchans brillaient d’un feu céleste;
Mes regards sur sa gorge égaraient mon esprit,
Qui, se glissant au fond du lit,
Semblait me découvrir le reste.

Piron, Voyage à Beaune, 1717

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